Discours prononcé par François Morton le 11 septembre 2026
Mesdames, Messieurs, chers amis,
Aujourd’hui, rue Jules Michelet, nous n’inaugurons pas seulement une fresque. Nous inaugurons une manière de faire la ville : une ville qui protège, qui embellit, et qui associe ses habitants — y compris les plus jeunes — à la transformation de leur cadre de vie.
Avant toute chose, je veux dire un mot de remerciement, car ce projet est né d’une rencontre entre plusieurs volontés.
Je remercie la Fondation Renault, dont l’engagement de longue date en faveur de la sécurité routière et de l’éducation trouve ici, à Guyancourt, une traduction concrète et visible.
Je remercie PALM, qui accompagne les collectivités avec exigence et créativité, et qui a su transformer une intention politique en projet artistique abouti.
Je remercie enfin l’artiste Alfred Zewip, qui n’a pas seulement sublimement peint une chaussée : il a pris le temps d’écouter les enfants de nos accueils de loisirs, de recueillir leurs mots, leurs dessins, leurs idées, et de les traduire en une œuvre qui leur appartient autant qu’à nous. Mille mercis cher Monsieur.
Ce projet répond à un engagement que j’ai pris devant vous, Guyancourtoises et Guyancourtois, en mars dernier : celui de tester différentes manières de lutter contre les incivilités et d’apaiser la circulation aux abords de nos écoles.
Nous savons que la sécurité ne se décrète pas : elle se construit, patiemment, avec plusieurs outils qui se complètent. Il y a d’abord la présence de la police municipale à nos « points écoles », matin et soir. Il y a les opérations de sensibilisation, déjà déployées auprès des automobilistes comme des familles. Et il y a, désormais, ce type de dispositif : une fresque qui attire l’œil, qui surprend, qui donne à la rue un visage différent — et qui, ce faisant, invite naturellement à ralentir.
Car c’est bien cela, l’enjeu : faire en sorte que l’on ne traverse plus la rue Jules Michelet, mais qu’on la regarde. Un automobiliste qui regarde est un automobiliste qui ralentit. Un enfant qui reconnaît son quartier dans une œuvre d’art est un enfant qui s’y sent chez lui, et davantage en sécurité.
Ce projet repose sur trois fondamentaux politiques qui nous sont chers, et que je veux réaffirmer ici.
La première, c’est que la sécurité des plus jeunes est une priorité absolue. Elle ne se négocie pas, elle ne se reporte pas, elle s’organise avec méthode et avec constance.
La deuxième, c’est que l’art est un langage universel, qui doit être accessible à toutes et à tous — pas seulement dans nos musées ou nos théâtres, mais aussi et surtout dans nos rues, sur les murs, sur les sols que nous croisons chaque jour en allant chercher nos enfants à l’école.
La troisième, c’est que la participation des habitants, dès le plus jeune âge, n’est pas un supplément d’âme : c’est une méthode de travail. Une ville se construit mieux quand ceux qui y vivent — même les plus petits — sont associés à ce qu’elle devient.
À Guyancourt, nous croyons qu’une politique publique réussie est celle qui parvient à tenir ensemble ces trois exigences : protéger, embellir, rassembler. Cette fresque en est la preuve vivante. Elle attire l’œil. Elle invite à ralentir. Et elle nous rappelle, avec simplicité, que la rue n’est pas seulement un espace de circulation : c’est un espace de vie, de rencontre, et de protection mutuelle.
Je veux dire un merci sincère aux enfants qui ont prêté leur imagination à ce projet, aux équipes éducatives qui les ont accompagnés, aux agents municipaux qui ont rendu ce projet possible sur le terrain, et à chacune et chacun d’entre vous, qui faites, jour après jour, de Guyancourt une ville plus sûre, plus belle et plus solidaire.
Il n’a échappé à personne que nous célébrons aujourd’hui, aussi, un triste anniversaire : celui des attentats du 11 septembre 2001. Avec vous, j’ai une pensée pour les victimes et pour leurs familles.
Je ne peux m’empêcher de faire un lien avec ce qui nous réunit aujourd’hui. Car si les terroristes s’en prennent à des vies et à des symboles, ils s’attaquent aussi, en premier lieu, à ce qui ouvre l’esprit et qui émancipe : l’art, la culture, la création.
Alors, en inaugurant cette fresque, nous réaffirmons un choix. Face à la peur, la beauté. Face à l’obscurantisme, la lumière. Face à la violence, la création partagée.
C’est avec un grand plaisir que je déclare officiellement inaugurée la fresque de la rue Jules Michelet.