Le patrimoine de Guyancourt

La ferme de Bel Ebat

Des vestiges archéologiques à l’architecture du XXIe siècle, en passant par le patrimoine naturel, Guyancourt valorise et entretien le patrimoine dans sa diversité : les anciennes fermes rurales, la fontaine des gobelins, l’église Saint Victor ou l’ancienne redoute de Bouviers ou encore l’Hôtel de Ville plus récemment sont autant de témoignages de notre histoire à transmettre et à préserver.

L’église Saint-Victor

Dédiée à saint Victor, martyr du IIIe siècle, mort à Marseille, l’église est implantée au cœur du village, non loin de l’ancienne maison-forte et du probable château qui l’a précédée. La sobre silhouette gothique de l’édifice domine le paysage de Guyancourt depuis plusieurs siècles.

En meulière, à l’exception des parties structurantes et sculptées qui sont en calcaire, l’église se compose d’une nef à cinq travées bordées de deux bas-côtés et complétée du choeur à l’est. La base du clocher remonterait à la fin du XIIe ou au début du XIIIe siècle, les quatre premières travées de la nef et les bas-côtés dateraient de la première moitié du XIIIe siècle. La dernière travée et le chœur ont été reconstruits durant la première partie du XVIe siècle.

Outre cette schématique chronologie, l’édifice a subi diverses restaurations durant le XIXe siècle. Au XXème siècle, l’église, inscrite à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques en 1951, connaît de nouveaux travaux de réparation suite au bombardement aérien du 26 juin 1943 : notamment la couverture et la réfection des vitraux.

En 1998, à l’occasion de travaux affectant le sous-sol (tranchées en vue de la pose de gaines de chauffage), le service archéologique du département des Yvelines procède à des fouilles qui ont permis de mettre à jour un certain nombre de vestiges tels que des morceaux de sarcophages mérovingiens, laissant supposer l’implantation d’un édifice cultuel dès cette époque. Les sondages archéologiques réalisés l’année dernière autour de l’église, à la demande de la Direction Régionales des Affaires Culturelles, à l’emplacement de l’ancien cimetière, ont révélé également des éléments qui remontent au XIIIe siècle et qu’il convient de protéger en zone de protection du patrimoine archéologique.

Après la tempête du 26 décembre 1999, la toiture est encore une fois réparée et en 2000, la municipalité fait procéder à l’ouverture d’un oculus et à la remise en état des paliers et escaliers en bois du clocher. Une deuxième cloche est ensuite installée et rejoint celle baptisée en 1901.

En 2011, la Ville lance les travaux de restauration intérieure de notre église. C’est à cette occasion qu’une autre découverte majeure pour le patrimoine de Guyancourt est révélée. Il s’agit d’une peinture au fusain située sur le mur intérieur du portail d’entrée. La fresque, Saint Georges terrassant le dragon, masquée par des enduits, a été restaurée en janvier 2012 de manière à faire ressurgir du passé, par ses éléments figuratifs fragmentés, le geste du décorateur de la fin du XVIe ou du début du XVIIe siècle que l’on découvre aujourd’hui avec une grande émotion.

La Batterie de Bouviers

Datée de 1879, la Batterie de Bouviers fait partie de la deuxième ceinture des fortifications de Paris, de type dit « Séré de Rivières », construite au lendemain de la dramatique défaite de la France infligée par la Prusse. Pour mettre Paris à l’abri d’un bombardement, 18 forts, 5 redoutes et 34 batteries seront construits. Le fort du Haut-Buc et de Saint-Cyr ainsi que la batterie de Bouviers et de Bois-d’Arcy sont disposés en arc de cercle sur le plateau de Guyancourt afin de permettre de boucher la trouée située entre Saint-Cyr et Buc qui mène jusqu’à Versailles et aux portes de la capitale.

Emplacement aménagé pour recevoir un groupe de canons tirant dans une direction commune, la batterie est souvent assimilée à une redoute. Avec sa forme générale en trapèze et ses deux cours intérieures, ce morceau d’architecture militaire présente les mêmes caractéristiques que dans les autres forts de type Séré de Rivières, telles que casemates, chambres voûtées et une belle ordonnance des façades composées de pierres meulières et de briques.

Ce lieu de mémoire a ensuite été le théâtre d’une célèbre épopée industrielle puisque l’État a loué terrains et bâtiments à l’entreprise Hispano-Suiza, renommée pour sa production de voitures de luxe. C’est à partir de 1932 que la célèbre Hispano-Suiza, basée à Bois-Colombes, investit ce site de la Redoute de Bouviers pour y effectuer à la campagne ses bruyants essais de moteurs pour l’aéronautique.

Après la seconde guerre mondiale, et la période d’occupation par les Allemands, le site se métamorphose avec la construction de nouveaux bâtiments et de bancs d’essais. Au cœur de la campagne guyancourtoise, moteurs, compresseurs, turbines seront mis au point par les cigognards de Bouviers pour servir la marche du progrès technique et contribuer à bâtir la légende de la marque Hispano-Suiza.

L’entreprise fut contrainte de fermer les portes de Bouviers en 1991, laissant les traces de son passé à l’abandon jusqu’en 1999, date de destruction de toute l’architecture industrielle du site. La Batterie réhabilitée en dernier lieu par les architectes Ivan Franic et Michel Garcin pour accueillir un pôle dédié aux musiques actuelles fut inaugurée en mai 2007.

L’Hôtel de Ville

En 1852, le conseil municipal de Guyancourt constatant l’ « insuffisance et l’insalubrité de la salle d’école » décide de créer une nouvelle école, un refuge pour les vieillards et un nouveau cimetière. Ce projet trop ambitieux financièrement pour un village de 645 habitants sera ajourné. Pourtant, suite à une mise en demeure du Préfet au Maire, après un rapport accablant de l’Inspecteur d’Académie sur l’état de l’école toujours exercée dans l’ancien Hôtel-Dieu, la construction d’une « maison école dans laquelle sera établie une mairie » est actée en 1855. Avec le déplacement du cimetière « hors de la commune », qui se trouvait initialement autour de l’Église, l’acquisition et la restauration du presbytère et la création d’une nouvelle voie de circulation, c’est un véritable projet urbanistique avant l’heure qui se met en place autour de la construction de la mairie.

L’ampleur du projet engendra de nombreuses difficultés financières qui finalement aboutirent en 1859 à l’édification de la petite mairie-école sur les plans de l’architecte BLONDEL. L’entrepreneur FOLAIN se chargea de la réalisation du chantier et accorda un crédit à la ville afin que toutes les pièces puissent être réalisées ! Sous la troisième République comme dans toutes les communes de France, la façade s’orna des mots « Liberté, Égalité, Fraternité ».

Dès 1979, une étude est réalisée concernant l’extension future de la mairie vers la ferme de Bel-Ébat. Les éléments du programme projettent les besoins administratifs à terme pour une population qui n’est alors que de 12 000 habitants. En 1982, l’idée forte qui ressort des études est la création d’un centre civique et culturel articulé autour d’une nouvelle mairie, d’une bibliothèque, d’un centre culturel, d’une école de musique et d’une grande place.

En 1985, le concours d’architecte pour le nouvel Hôtel de Ville est lancé. Le choix du site est symbolique : la centralité et l’identité de la ville à renforcer face au développement de la Ville Nouvelle et la création du centre de Saint-Quentin-en-Yvelines. Le lieu du pouvoir autrefois religieux et agricole est réaffirmé politiquement sans rupture brutale avec le passé.

Le projet d’Edmond BONNEFOY avec la modernité de ses amples façades de pierre, verre et aluminium déployées sur le parvis  apparaît telle une réponse à l’urbanisation de Guyancourt. S’inscrivant dans un projet de redéfinition du quartier qui par la construction de logements et de commerces permet de redynamiser le village, l’édifice est pensé pour s’harmoniser avec le patrimoine environnemental. Conçu avec une voie de circulation intérieure reliant la ferme de Bel-Ébat à l’Église, l’édifice s’intègre parfaitement au site. L’ancienne mairie-école du XIXème siècle qui accueille aujourd’hui des services administratifs se reflète dans les vitres de l’hôtel de ville et fait le lien aussi bien symbolique qu’architectural avec le passé villageois de Guyancourt. C’est en juin 1995 que le Préfet Claude ERIGNAC inaugura le nouvel hôtel de ville.

Le territoire géographique de la commune s’étend sur 1 320 hectares dont 42 % est constitué de surfaces forestières et agricoles. Une situation assez rare pour la région parisienne.

Aux sources de la Bièvre

C’est semble-t-il au castor (qui en anglais se dit encore “beaver”), que la Bièvre doit son nom. Le rongeur qu’on appelait bièvre en vieux français peuplait autrefois cette rivière. On remarque d’ailleurs qu’un castor est présent sur les armoiries de Guyancourt. Au XIIe siècle, le mot grec “kastor” élimina l’ancien mot gaulois. La Bièvre qui venait jusqu’à Paris – elle se perd aujourd’hui dans les égouts – servit dès le XVe siècle à alimenter les manufactures des tapissiers.

C’est la famille des Gobelins qui fut la première à utiliser les eaux de la rivière. Au XVIII e siècle, c’est au tour d’Oberkampf (à partir de 1759), d’approvisionner en eau la manufacture de Jouy-en-Josas qui produisait la célèbre toile de Jouy qui garde encore aujourd’hui une renommée mondiale. La fameuse toile peinte vaudra à cet homme d’origine bavaroise d’être naturalisé français, puis anobli en 1887 et enfin décoré de la Légion d’honneur par Napoléon 1er en personne. A Bouviers, une des sources de la Bièvre doit son nom à cette tradition tapissière. Il s’agit de la fontaine des Gobelins. Deux lavoirs y furent édifiés par la commune.

Quittant Bouviers pour prendre le chemin de la capitale, la rivière traverse trois étangs. Ceux de Braque, de Moulin Renard (autrefois appelé Regnard) et celui du Val. La Bièvre traverse La Minière, au Val d’Or, où un autre lavoir fut construit. Au XVIIe siècle les eaux servaient à alimenter les grandes eaux du château de Versailles grâce à un ingénieux système de moulins à vent. Grâce à la force motrice de la rivière, on a compté jusqu’à 124 moulins le long de son cours.
Il y a environ 10 000 ans, la Bièvre occupait, paraît-il, l’actuel lit de la Seine.

Aujourd’hui, même si il n’existe plus d’embouchure avec cette dernière, la rue de Bièvre à Paris, au pied de la montagne Sainte-Geneviève, témoigne de l’époque où rivière et fleuve ne faisaient plus qu’un. Avant d’atteindre cet endroit, capté par une voûte qui le conduit jusqu’aux égouts, le cours d’eau passe par Buc, Jouy-en-Josas, Bièvres et Igny. La rivière fut source d’inspiration pour de nombreux artistes dont Ronsard, Rousseau ou encore Victor Hugo. Au début des années 80, Guyancourt réclame le classement de la somptueuse Vallée de la Bièvre. En 1985, le Préfet saisissait la délégation régionale à l’architecture et à l’environnement. D’autres communes se lièrent à la cause de la Vallée de la Bièvre dont le patrimoine historique et naturel était menacé par la construction de l’autoroute B12 (le nom utilisé alors pour la Francilienne). Le 7 juillet 2000, un décret émanant du ministère de l’aménagement du territoire et de l’environnement procédait au classement de ce site. Une nouvelle page dans l’histoire de la Bièvre est tournée, pour le plus grand plaisir des amoureux de la nature.

 

Pour d’autres informations, Le Musée de la Ville

Votre navigateur est dépassé !

Mettez à jour votre navigateur pour voir ce site internet correctement. Mettre à jour mon navigateur

×