Le son pour passion – Christophe Duquesne

Le Guyancourtois Christophe Duquesne fabrique des instruments électroniques en bois. Ses créations pourraient bien créer une onde de choc dans le milieu « électro ».

Il travaille le son avec la même précision qu’un horloger. Christophe Duquesne est luthier électronique. Ils ne sont qu’une quarantaine en France. Il fabrique des instruments de musique capables de produire un son très proche d’une guitare, d’un violon ou de tout autre instrument acoustique. Une prouesse réussie après des années de ténacité.

Fils d’une professeure de piano et d’un électronicien, Christophe joue du piano à 6 ans et s’intéresse très vite à la musique « électro ».

« J’allais dans les magasins pour acheter des composants électroniques et je passais des heures dans ma chambre à confectionner des machines à bruit. Mon but, c’était de faire du son » se rappelle ce « GéoTrouvetou ».

Son diplôme d’ingénieur électronique en poche, il démarche une société avec des plans de synthétiseurs sous les bras. L’aventure sera de courte durée. Il rebondit en travaillant pour l’entreprise américaine Haken Studio.

« Nous avons conçu un synthétiseur pour avoir un contrôle continu sur le son. On se rapproche de cette manière du travail que font les musiciens acoustiques » indique Christophe, en pianotant sur cet instrument digne d’un épisode de retour vers le futur.

Son Graal ? Ouvrir le monde de la musique électro à celui de la musique acoustique et permettre à des musiciens issus des deux univers de jouer ensemble.

Des enceintes acoustiques

En 2018, il créé sa propre société, « la voix du luthier », avec une équipe de passionnés. Parmi eux, Marc Lucas, un luthier dont l’atelier est basé en Vendée. Ensemble, ils inventent : l’Onde et la Pyramide, deux prototypes d’« enceintes» acoustiques en bois d’harmonie, inspirées de l’instrument « les ondes Martenot » du musicologue Maurice Martenot (1898-1980).

« Le principe c’est que nous envoyons un signal électrique qui fait vibrer le bois. Le son est multidirectionnel et vivant. Sa présence interagit avec la salle » assure le spécialiste, contrairement aux enceintes classiques dont le son va dans une seule direction.

Pour fabriquer ces résonateurs, les deux acolytes font venir des troncs d’épicéa du Jura et de cèdre rouge du nord du Canada.

Après le séchage et l’affinage du bois, les savoir faire du luthier et de l’électronicien s’entremêlent.

« C’est un travail de tradition. On a fait le réglage du son en sélectionnant l’épaisseur du bois. En lutherie, il y a plein de choses qui marchent et nous ne savons pas trop pourquoi. Il y a un côté un peu magique » susurre Christophe d’un air malicieux.

Une centaine de leurs modèles a déjà été précommandée à travers le monde entier (Japon, Australie, Etats-Unis…) et l’équipe ne devrait pas tarder à lancer la production. En attendant, ils courent les salons pour présenter le fruit de leur travail.

Ils seront à l’un des plus importants rendez-vous de musique électronique au monde, le Superbooth, à Berlin, en mai 2019.

Interview réalisée par Sarah Ferreira pour le Guyancourt Magazine 538 – Avril 2019

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