Cérémonie du 8 mai

Discours prononcé par François Morton le 8 mai 2025


 

Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs les Représentants de la sécurité publique et de la sécurité civile,
Mesdames et Messieurs les Représentants des établissements scolaires et des associations,
Mesdames et Messieurs les Représentants d’Anciens Combattants,
Mesdames et Messieurs,
Chers élèves,

Nous sommes réunis aujourd’hui pour commémorer ensemble la capitulation sans condition de l’Allemagne nazie qui mit fin, le 8 mai 1945, à l’une des périodes les plus sombres de notre Histoire. Six longues années qui, de 1939 à 1945, meurtrirent profondément tant de peuples et tant de familles.
C’était il y a 80 ans…

Il y a 80 ans, le 2 mai 1945, les troupes soviétiques remportèrent la bataille de Berlin face à l’armée allemande qui, dans sa chute, emporta le Troisième Reich.
Cinq jours plus tard, le 7 mai 1945, à Reims, fut signé un premier acte de reddition. Ce jour, à 2h41, le général Jodl [Yodel], chef d’Etat-major de la wehrmarcht, s’engageait à donner l’ordre aux autorités militaires allemandes « de cesser de prendre part aux opérations actives à 23 h 01, heure d’Europe centrale, le 8 mai, et de rester sur les positions qu’elles occuperont à ce moment ».

Le 8 mai 1945, à 23h01, les combats cessèrent comme prévu. Au même moment, les représentants du Haut Commandement allemand signèrent un nouvel acte de capitulation, à Berlin cette fois-ci, en présence des représentants de l’URSS, des États-Unis, du Royaume-Uni et de la France.
C’était il y a 80 ans : l’Europe était en paix.

Il fallut néanmoins attendre le 2 septembre, et la capitulation du Japon sous le choc de deux bombes atomiques, pour que s’achève enfin la guerre la plus vaste et la plus meurtrière que connut l’Humanité. Une guerre qui coûta la vie à près de 60 millions de personnes, civiles et militaires. Pour la première fois dans l’Histoire, une guerre tua plus de civils que de militaires : 45 millions de civils périrent, dont 6 millions de juifs exterminés sauvagement dans la Shoah : des hommes, des femmes, des enfants…
En ce 8 mai, il est essentiel de rappeler le souvenir des disparus, saluer l’abnégation de nos soldats, honorer le courage des résistants et célébrer leur victoire sur le nazisme. Libéré grâce à toutes les forces engagées, celles des armées alliées, celles des forces françaises libres, celles des combattants de la Résistance, notre pays est pourtant en ruine :

  • 610 000 des siens ont péri ; un million de familles sont sans abri ni ressources
  • des villes entières ont été rasées. Parmi elles, Caen, Brest, le Havre. La reconstruction s’apparente à un chantier titanesque.
  • sans compter la marque indélébile que posa la collaboration sur notre peuple. N’oublions jamais que les nazis ont été aidés par le régime français et par toutes les dénonciations et trahisons commises par des Français. Oui : ils ont, les uns et les autres, participé à l’extermination de nos concitoyens. Des dizaines de milliers de juifs, tziganes, homosexuels, handicapés, opposants furent ainsi jetés à la mort dans des camps anéantissant toute dignité humaine. N’oublions jamais non plus qu’un régime arrivé au pouvoir de manière légale peut, au nom du nationalisme et du populisme, se rendre coupable d’atrocités et de crimes contre l’Humanité.

En ce 8 mai, j’aimerais aussi rappeler à notre souvenir toutes les femmes et tous les hommes qui prirent le Maquis. Quel courage, quelle abnégation leur fallut-il pour mener à bien leurs actes de résistance : renseignement, aide aux personnes traquées, sabotages, propagande… Nous devons tant à ces soldats de l’ombre. Dans notre Ville aussi, des personnes ont fait preuve d’héroïsme. Nombreux sont ceux qui l’ont hélas payé de leur vie, comme Jean Lanot et Jean-Roger Alviger, tombés sous les balles ennemies au Bois Robert, non loin d’ici. Une stèle a été érigée en leur honneur. Elle nous réunit, avec les anciens combattants, chaque 8 mai.

Une rue de Guyancourt porte également le nom de ces deux jeunes résistants et j’ai souhaité cette année que nous puissions nous y recueillir pour leur rendre un hommage particulier. La paix, que nous célébrons tous les 8 mai, doit beaucoup à tous les résistants.

Certains pays, comme la Russie et certaines nations issus de l’ex-URSS, célèbrent le jour de la victoire le 9 mai, heure de Moscou quand fut signé l’acte de reddition. Pour nous, européens, le 9 mai est fêté en l’hommage à la déclaration de Robert Schuman, Ministre français des affaires étrangères, qui proposa le 9 mai 1950 une nouvelle forme de coopération entre les nations du continent européen. Cette déclaration allait déboucher sur la création, en 1951, de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (la CECA) regroupant l’Allemagne, la Belgique, la France, L’Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas. Puis elle prendra la forme de l’Union européenne qui, au fil du temps, devint celle que nous connaissons aujourd’hui. L’Europe s’est peu à peu relevée de ses ruines. Ses citoyens et ses gouvernements ont produit des efforts immenses pour enraciner durablement la paix, en faisant le choix de placer les droits de l’Homme comme le fondement de nos sociétés.

N’oublions pas ce rêve. Ne l’oublions d’autant moins que nos alliés d’hier contre le fascisme – les Etats-Unis, l’Union soviétique – ont pris des chemins incertains et, j’ose le dire, dangereux. Si l’Histoire n’est ni linéaire ni définitive, faisons le voeu que le contexte actuel contribue à resserrer encore davantage les liens et la coopération entre les pays européens. Ne laissons pas gagner chez nous ceux qui ont fait du populisme et du mépris de l’Autre un investissement rentable. Trouvons en nous les ressources pour établir la confiance et l’espoir chez nos concitoyens français et européens.

Je vous remercie.

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