Discours prononcé par François Morton le 11 novembre 2025
Madame la Sous-Préfète,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs les représentants d’associations d’Anciens combattants,
Mesdames et Messieurs les représentants des forces armées, de la sécurité publique et de la
sécurité civile,
Mesdames et Messieurs les représentants des établissements scolaires,
Mesdames et Messieurs,
Chers élèves, Chers conseillers municipaux enfants,
Ce 11 novembre 2025, nous sommes réunis pour célébrer le 107e anniversaire de l’Armistice de 1918, qui mit fin à l’une des tragédies les plus marquantes de l’histoire humaine. Ce jour-là, les armes se sont tues, mettant un terme à quatre années de guerre qui ont coûté la vie à près de 10 millions de personnes, dont 37 de nos concitoyens guyancourtois. Leurs noms gravés sur notre Monument aux morts témoignent du sacrifice ultime pour notre liberté.
Ces Guyancourtois étaient des nôtres, des hommes ordinaires arrachés à leur quotidien. Répartiteurs, entrepreneurs, charcutiers, tailleurs de pierre, maçons, des métiers essentiels à
la vie de notre commune. Loin de toute expérience guerrière, ils furent projetés dans l’enfer des tranchées et de la Guerre. Le plus jeune tomba à 21 ans, à l’aube de sa vie adulte et le
plus âgé, à seulement 48 ans.
Leur sort fait cruellement écho à la citation d’Henri BARBUSSE dans Le Feu, journal d’une escouade (1916) : « Ce ne sont pas des soldats : ce sont des hommes. Ce ne sont pas des aventuriers, des guerriers, faits pour la boucherie humaine […] Ce sont des laboureurs et des ouvriers qu’on reconnaît dans leurs uniformes. Ce sont des civils déracinés. » Barbusse, ancien combattant lui-même, dépeint nos poilus guyancourtois, transformés en chair à canon, déracinés de leur terre natale pour défendre un idéal qui les dépasse.
Aujourd’hui, nous honorons leur mémoire et réaffirmons notre engagement à préserver la paix qu’ils nous ont léguée.
Cette cérémonie est bien plus qu’un hommage au passé : elle est un moment de rassemblement pour toute notre commune, un instant où nous, Guyancourtoises et Guyancourtois, nous unissons dans un même élan autour des valeurs républicaines – Liberté, Égalité, Fraternité.
Dans un monde marqué par les divisions, les crises économiques, les tensions géopolitiques et les replis identitaires, l’unité communale est une force précieuse.
À Guyancourt, cette unité n’est pas un slogan. Elle se manifeste dans la richesse de notre diversité, dans la vitalité de nos associations, dans la solidarité de nos quartiers et dans nos énergies qui animent nos projets communs. Ici, le lien social n’est pas un idéal abstrait : il se vit dans nos écoles, nos fêtes communales, nos actions de soutien aux plus fragiles.
Cette commémoration est aussi un appel au devoir de vigilance. Les erreurs du passé, l’intolérance, les nationalismes exacerbés, les fractures sociales, nous enseignent que la paix est fragile. Comme l’a si justement exprimé Georges CLEMENCEAU, artisan de la Victoire lors de son discours à Verdun le 14 juillet 1919 : « Il est plus facile de faire la guerre que la paix. »
Ces mots soulignent la complexité de la reconstruction et la difficulté de bâtir une société juste et harmonieuse, une tâche des plus ardues.
Ces mots nous invitent alors à cultiver activement la bienveillance dans nos rapports quotidiens, à rejeter les discours qui divisent et à encourager sans relâche le dialogue et la compréhension mutuelle. La paix ne se décrète pas ; elle se construit, jour après jour, par nos choix et nos actions.
À vous, jeunes générations, chers élèves, chers conseillers municipaux enfants, nous passons le flambeau de la mémoire. En participant à cette cérémonie, vous vous engagez à porter haut les valeurs républicaines et à rester vigilants pour que les erreurs du passé ne se répètent pas. Ce devoir de mémoire et de vigilance, nous le partageons avec vous, aux côtés des enseignants, des associations d’anciens combattants et associations mémorielles et de tous ceux qui font vivre l’esprit de cette commémoration.
En ce jour solennel, faisons le souhait que Guyancourt demeure un exemple d’unité et de fraternité. Que notre commune, forte de son histoire et de ses différences, continue de tisser
des liens solides entre ses habitants.