Pour cause de diminutions de recettes et d’incertitudes, le budget primitif de Guyancourt n’avait jamais été aussi délicat à boucler que cette année.
Crise économique, réduction des dotations publiques aux collectivités territoriales, désengagement de l’État et modification des règles (probable sortie de la Dotation de Solidarité Urbaine, cotisation au fonds de solidarité de la région Île-de-France – une dépense nouvelle pour la Ville qui devrait aider financièrement les ville d’Île-de-France en difficulté –, suppression de la taxe professionnelle…) sont autant d’éléments qui ont fait de la préparation de ce nouveau budget un réel casse-tête pour les élus.
« Nous avons travaillé dans le brouillard. Notre volonté politique est de maintenir les services à la population existants, dans le domaine de l’enfance et du social notamment. Un véritable défi, qui a conduit les services à optimiser les coûts en supprimant certains postes pour aller à l’essentiel et éviter toute surenchère » note Geneviève Sagbohan, Adjointe au Maire chargée des Finances.
Restrictions budgétaires
Pour cela, élus et direction administrative de la ville ont demandé aux services de réaliser des économies en optimisant les dépenses publiques.
Des Services Techniques à la Culture, chacun a procédé à des restrictions. Ainsi, le nombre de tontes de pelouses a été revu à la baisse, la Salle d’exposition de Villaroy (qui pourra être louée à titre événementiel deux fois par an pour faire rentrer des fonds) proposera un rendez-vous de moins et les objets de valorisation remis à l’occasion de certains temps forts (Semaine de l’Enfance, départ en classe de découverte…) seront supprimés. «Comme dans un foyer, les choix sont difficiles à faire lorsqu’il s’agit de limiter davantage les dépenses alors qu’elles sont déjà calculées au plus juste. Pour pouvoir conserver des manifestations populaires comme les Associations en fête et leur concert, le Carnaval, les spectacles des crèches collectives et familiales ou encore la Nuit de la Danse, des Arts martiaux ou de la Gymnastique, nous avons dû faire preuve d’une extrême rigueur », poursuit l’élue. Dans le même ordre d’idée, aucune création de poste n’est prévue. Dans un tel contexte de restrictions budgétaires, les négociations avec les prestataires ont été plus serrées que jamais.
La solidarité préservée
Grâce à ce travail minutieux entre élus et services, qui s’est échelonné de mi-septembre à fin novembre, et après de nombreux arbitrages, la Ville a sauvé l’essentiel : tout ce qui favorise le lien social. C’est ce qui fait de Guyancourt une commune où il fait bon vivre et partager les services sur la base d’un quotient familial apprécié de tous.
« Demander aux usagers de participer aux coûts en fonction des ressources de chaque foyer est fondamental à nos yeux. C’est pour nous une question de justice sociale, qui représente un effort financier considérable pour la Ville, qui paie systématiquement la différence entre la dépense et la participation des guyancourtois » rappelle le Maire François Deligné. Par chance, les recettes des impôts sur le foncier bâti générées par l’arrivée de nouvelles entreprises (Sodexo, Malakoff-Médéric…) permettent de poursuivre les mesures en faveur de la solidarité.
« Notre dynamisme politique et économique nous a permis une nouvelle fois de garder le cap, mais qu’en sera-t-il après 2010? Aucun élu local n’a d’éléments concrets à propos des systèmes compensatoires qui doivent être mis en place à partir de 2011, et 2011, pour un élu qui se doit de toujours anticiper, c'est demain » s'inquiète François Deligné.