Les finances communales mises à mal
Recettes d'investissement.
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Au même titre que les habitants, les collectivités locales doivent faire face à l’évolution du coût de la vie alors que leurs recettes stagnent.
« Les charges sont de plus en plus fortes et les dotations de l’État de plus en plus limitées, d’autant qu’elles ne suivent pas l’augmentation de la population. La mobilisation des maires de France, toutes sensibilités politiques confondues, a permis de reporter le projet de réforme de la DSU (Dotation de Solidarité Urbaine) qui devait être appliqué dès le budget 2009 et pénalisait 238 villes modestes de notre pays, dont Guyancourt. Mais qu’en sera-t-il dans le futur ? Notre ville devra-t-elle subir en 2010 la perte de ressources directe de 339000 € et indirecte de plus de 1150000 € ? », interroge le Maire, bien décidé à mener de nouvelles actions pour défendre la solidarité et la qualité de vie de ses administrés. Le danger est réel de voir progressivement s’effriter, puis disparaître faute d’argent suffisant, les services publics communaux au profit de prestations privées qui ne seraient alors plus accessibles à tous.
Des arbitrages délicats
Recettes de fonctionnement.
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Dans ce contexte d’augmentation des charges et du coût de la vie, de hausse des dépenses, d’inertie des recettes et de marasme économique généralisé, boucler le budget primitif 2009 n’a pas été une mince affaire. «Notre objectif est de pérenniser le service public local, de maintenir l’ensemble des prestations proposées aux Guyancourtois et de limiter le recours à l’impôt pour ne pas alourdir la facture des familles. Les élus ont donc dû trancher et faire des arbitrages et des choix souvent délicats. Attractive,notre ville a su attirer de nombreuses entreprises qui représentent pour les finances communales – et intercommunales – une manne financière qui nous permet aujourd’hui de faire face à la démission progressive et programmée de l’État, mais qu’en sera-t-il demain ? Comment les communes économiquement moins actives que la nôtre pourront-elles continuer à maintenir des actions de proximité et de solidarité dans de telles conditions, sachant que nous ne sommes pas,nous non plus, à l’abri», note Geneviève Sagbohan, adjointe au Maire chargée des Finances. D’autant que les besoins des populations fragilisées ne peuvent que s’accentuer dans une situation de crise qui rend l’accompagnement social plus vital que jamais.
L’État aux abonnés absents
Dépenses d'investissement.
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Toujours minutieuse, la préparation budgétaire qui détermine les choix financiers et les grandes orientations des politiques locales a été un vrai casse-tête pour l’équipe municipale et les services communaux. «Nous avons redoublé de rigueur et de vigilance pour pouvoir préserver la solidarité et maintenir des mesures sociales pour tous comme l’application du quotient familial. Le fait que chaque famille guyancourtoise participe financièrement aux dépenses en fonction des ressources du foyer est une forme de redistribution et d’égalité à laquelle nous tenons plus que tout, et que nous ne voulons sacrifier sous aucun prétexte», assure François Deligné.
Le Maire se déclare par ailleurs inquiet d’avoir à naviguer à vue face à un État de plus en plus sou- vent aux abonnés absents et sur fond de crise. « Notre mission d’élus impose une anticipation permanente, mais nous avançons désormais dans un épais brouillard. Sans concertation, nous apprenons par des effets d’annonces des mesures et réformes à venir susceptibles d’avoir des conséquences dramatiques pour notre ville, ses services et ses habitants les plus vulnérables. Des modifications de critères et de fiscalité dangereuses pour la justice sociale et la démocratie.Que faire ? Foncer au risque d’aller droit dans le mur ou aller pas à pas avec pour frein une peur qui n’évite pas le danger ? ».
Asphyxier les collectivités territoriales de cette façon n’est bon ni humainement, puisqu’elles sont le premier lien social et solidaire, ni économiquement, dans la mesure où elles représentent les trois quarts des investissements publics.Remettre ainsi en cause les règles État-communes peut s’avérer dangereux.
Tout n’est pas négatif pour autant. Bonne nouvelle, grâce à ses finances saines, la Ville a pu procéder à un remboursement anticipé durant l’été.
Zéro euro de dette
Dépenses de fonctionnement.
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Juste avant la crise financière,un emprunt à taux variable jadis contracté pour faire face à des dépenses d’investissement a pu être soldé.«La rentrée de recettes exceptionnelles dans les caisses communales,fruit des rembourse- ments de compagnies d’assu- rances,nous a encouragé à solder totalement la dette de Guyancourt afin d’avoir plus de marges de manœuvre en cas de besoin.Une excellente initiative,puisque les taux d’intérêts n’ont cessé de flam- ber depuis »,constate Geneviève Sagbohan. L’encours de la dette est donc de zéro euro en 2008,fait assez excep- tionnel au niveau des finances com- munales,y compris au plan natio- nal,pour être remarqué.Pas question de lâcher prise pour autant,car il a tout de même fallu grappiller dans tous les secteurs pour garder le cap sur la solidarité,maintenir l’en- semble des services à la population, offrir des mesures nouvelles (voir encadré) et assurer l’entretien d’un patrimoine conséquent (crèches, écoles maternelles et primaires, équipements sportifs et culturels…) qui contribuent à la qualité de vie des habitants,au quotidien.