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Interview du maire, Marie-Christine Letarnec

Vous êtes Maire depuis deux ans maintenant, comment voyez-vous votre rôle auprès des Guyancourtois ?

Être Maire, c’est d’abord répondre aux besoins quotidiens des habitants. Avec l’équipe municipale, nous sommes sur le terrain pour les écouter et répondre à leurs attentes. Sachez aussi que les agents de la Ville travaillent au quotidien pour offrir à chacun un service public de qualité. Les journées des Guyancourtois ne seraient pas les mêmes sans les services publics municipaux, sans la petite enfance, le périscolaire, les espaces verts, l’état-civil, l’emploi, le logement et tant d’autres. Mais être Maire, c’est aussi défendre les intérêts de la Ville, sur le moyen et le long
terme. Et au vu du contexte national, très peu favorable aux collectivités locales, je dois rester particulièrement mobilisée pour défendre les équilibres de Guyancourt.

Dans quel domaine par exemple ?

Le premier est bien sûr financier. L’État donne de moins en moins de moyens aux Communes mais de plus en plus de missions à remplir. Depuis 2010, Guyancourt a perdu plus de 10 millions d’euros de la part de l’État. Il a donc fallu redoubler d’ingéniosité pour équilibrer le budget communal.
Beaucoup d’économies ont été réalisées, sans diminution du service public, et les recherches de financements extérieurs sont devenues systématiques. Notre politique de développement durable nous a permis de réduire nos factures énergétiques, et bien sûr de protéger l’environnement.

Tout cela sans alourdir la charge fiscale pesant sur les familles…

En effet, il était essentiel pour moi de ne pas alourdir les budgets des Guyancourtois. Les taux d’imposition municipaux sont donc restés inchangés en 2018 et le resteront l’an prochain. Il est vrai que la réforme de la taxe d’habitation, voulue par le gouvernement, laisse une zone d’ombre pour les Communes. Bien entendu, nous sommes favorables à aider les habitants les plus fragiles. C’est d’ailleurs ce que nous faisons à Guyancourt depuis très longtemps.
Mais il est essentiel que l’exonération prévue soit intégralement compensée par l’État cette année et les suivantes. Ne pas le faire reviendrait à fragiliser le service public aux habitants et mettre en péril les crèches, les accueils de loisirs, la restauration scolaire, les équipements sportifs et culturels… Ce serait aussi pénaliser encore un peu plus les Villes qui, comme Guyancourt, font le choix de la solidarité, en accueillant les familles les plus modestes.

Une autre réforme en cours, concernant le logement, fait aussi peser des incertitudes pour notre Ville. Pouvez-vous en dire un mot ?

La loi sur le logement (appelée « ELAN »), si elle est adoptée en l’état, va porter un coup terrible au logement en Ile-de-France. Non seulement, un certain nombre de communes carencées ne seront plus obligées de construire des logements sociaux, mais pire, elles seront exonérées des pénalités financières qu’elles paient actuellement. C’est un comble quand on sait que 66 % des franciliens sont éligibles au locatif aidé ! Ce sont donc les Villes bâtisseuses, comme Guyancourt, qui resteront en première ligne en assumant leur responsabilité et en menant, seules, une vraie politique de mixité sociale. La solidarité doit être portée par tous les Maires et toutes les communes, et pas seulement quelques uns. Guyancourt restera une Ville pour Tous, où chacun peut se loger selon ses revenus.

C’est aussi la solidarité et l’équité qui sont en jeu avec la ligne 18 du métro du Grand Paris ?

Tout à fait. Je me bats depuis de nombreux mois maintenant pour que Guyancourt, et Saint-Quentin-en-Yvelines, soient bien desservies par le métro automatique du Grand Paris. Les Yvelines ne peuvent pas être le seul département à ne pas bénéficier de ce transport en commun structurant de l’Ile de France ! Les habitants, les étudiants, les salariés l’attendent, car il répond à un besoin évident du territoire. Nos axes routiers sont saturés aux heures de pointe, sans compter la pollution atmosphérique que la circulation crée…
Mon entretien avec le cabinet du Premier ministre à Matignon il y a quelques semaines a porté ses fruits puisque Monsieur le Préfet de Région doit venir à Guyancourt, sur le terrain où sera implantée la gare du métro. Je lui réaffirmerai nos impératifs et rappellerai l’État à ses engagements.

C’est un projet structurant qui concerne toute l’agglomération. Quel avenir voyez-vous pour Saint-Quentin-en-Yvelines ?

Notre intercommunalité a une histoire riche. Au cours des quarante dernières années, elle a su se forger un vrai dynamisme économique et universitaire, ainsi que des services publics de qualité. Bien que minoritaire à l’agglomération depuis 2014, je veille à ce que ces atouts soient préservés.
Il a fallu imposer une équité de traitement entre toutes les communes et veiller à ce que chacune ait voix au chapitre. Guyancourt et les Guyancourtois sont ma priorité.
C’est pourquoi, depuis l’élargissement de Saint-Quentin-en-Yvelines en 2016, je me bats pour que le niveau de service public intercommunal (déchets, médiathèques, voieries, etc.) ne diminue pas pour les habitants.
Il est aussi essentiel de préserver une équité financière : Guyancourt ne peut pas verser 30 millions d’euros de fiscalité (à travers la fiscalité de ses entreprises), et ne recevoir que 7 millions de l’agglomération, alors que certaines communes versent 15 millions d’euros mais en  récupèrent autant de l’autre côté. C’est une question de justice.

La presse s’est fait l’écho d’une volonté de l’exécutif de Saint-Quentin-en-Yvelines d’une transformation en communauté urbaine. Qu’en pensez-vous ?

C’est en effet un projet porté par le Président de l’agglomération et par sa majorité, qui a été présenté aux Maires très tardivement. Je pense pour ma part que ce nouvel élargissement est beaucoup trop prématuré. L’intégration des cinq nouvelles communes n’est même pas encore aboutie. C’est un processus long qui demande du temps, pour transférer les compétences, assurer une équité territoriale (encore loin d’être réelle à 12), construire une identité et un projet de territoire communs… L’enjeu est immense, nous ne pouvons pas nous enfermer dans un débat uniquement comptable. Laissons les habitants se prononcer sur l’avenir de l’agglomération.